Le Nouvel Economiste du 23/11/06
Prix du Marché libre
L’Entreprise de l’année
Hiolle Industries,
une belle croissance à financer
L’environnement est en plein boom, et le secteur industriel est capitalistique : deux raisons de recourir au Marché libre pour Hiolle Industries.
nscrite en septembre 2000 au Marché libre,Hiolle Industries a vu sa capitalisation boursière décoller de 7,5 à 114millions d’euros aujourd’hui. L’action, passée de 0,96 à 13,80euros,a rapporté gros. Avec 10% de flottant, 257 jours de cotation et 178000 titres traités, l’entreprise se situe dans la moyenne pour la liquidité. Ses activités: les services industriels avec des transferts transcontinentaux d’usines et les équipements pour la protection de l’environnement. Le marché a été de plus en plus réceptif au potentiel de l’activité environnementale de cette société,et les 750 actionnaires attendent, une fois que le transfert sur Eurolist C aura eu lieu , une nouvelle envolée, malgré un développement pourtant déjà soutenu : le CA, de 34 millions en 2004, atteint 72 millions aujourd’hui. De même, l’excédent brut d’exploitation, doublé de 3,8 à 7,7 millions, témoigne d’une maîtrise des coûts opérationnels.
Un autodidacte de la récupération
Jean-Michel Hiolle, autodidacte, a débuté dans un bureau d’études chez Bombardier. Après quelques promotions internes, il s’est installé à son compte avec quatre collaborateurs, dans le secteur de l’assistance technique et de la maintenance industrielle. Les années 78-80 sont alors marquées par le désastre sidérurgique du Nord –Pas-de-Calais. L’entreprise récupère du matériel – remettant en état des machines, des lignes puis des laminoirs-, puis le transfère dans les pays en voie de développement. Ainsi une usine de Caen est-elle vendue à la région chinoise d’Hebei pour 26,5 millions de dollars. Hiolle Industries se spécialise dans de nombreux métiers, dont la mécanique, la soudure ou la chaudronnerie, pour proposer une offre complète à ses clients. Parmi eux, le principal est un certain M. Mittal depuis 1981.
Aujourd’hui, 750 personnes travaillent dans le groupe Hiolle, qui réalise des transferts de France en Chine ou en Inde, d’Autriche au Mexique, ou de Suède en Indonésie. Dans les années 80, la société apporte des améliorations technologiques aux broyeurs automobiles, aux lignes de traitement de déchets d’ordures ménagères, et finalement à des centres d’incinération et des usines d’épuration. La création d’énergie par la biomassa, la réduction des gaz à effet de serre, les détecteurs de radioacivité ou le traitement de dechets hospitaliers font bientôt partie de ses activités à hauteur de 50 %.
Jean-Michel Hiolle est plutôt un animateur qu’un dirigeant, il préfère avoir affaire à 50 PME de 50 personnes plutôt qu’à un groupe de 2500 personnes. D’où la structure aux 23filiales . En 2000, à 55 ans le PDG songe à la sucession et donc à la valorisation de son entreprise. Il n’ignore pas non plus les avantages de la Bourse, à sa voir une marque de référence et une clarification du fonctionnement (normes IFRS, communication, etc.).
Sous les conseils de l’EFI, et parce qu’il est alors trop petit pour accéder au réglementé, Jean-Michel Hiolle accède au Marché libre en septembre 2000.
Les 6 années passées sur le ML se montrent fructueuses : les 319 actionnaires vont devenir 800. La part de flottant est élargie de 5 à 12 %. Aujourd’hui, l’accession à l’Eurolist C visée pour début 2007, avec à la clé une augmentation de capital (110 millions d’euros), un élargissement du flottant et une croissance externe.
Le marché libre pour accroître la légitimité
Dès l’accession au Marché libre, Jean-Michel Hiolle constate des changements : le regard des banques et des grands comptes se modifie, ceux-ci savent qu’ils ont maintenant affaire à une PME qui a grossi et qui se solidifie. Les clients indiens, chinois mais aussi allemands, prennent en compte ce regain de l égétimité dans les négociations, car ils voient avant tout la présence sur la place de Paris, le marché important peu pour eux. Les ressources humaines en ont également profité ; la lettre aux actionnaires , l’information pointue sur les activités, la mise à l’honneur tour à tour des 23 filiales, ont renforcé la cohésion, le sentiment d’appartenance chez les ouvriers comme chez les cadres du Valenciennois, alors ravagé par le chômage. Enfin, cette accession a permis de se faire connaître et de donner confiance au monde de la finance : les lettres aux actionnaires, 2 à 3 fois par an, expliquant la stratégie et les deux métiers de l’entreprise, les articles sur Boursorama, les actions passées en 6 ans de 0,95 euro à 14 euros (soit 15 fois la mise) sont autant de liens créés, bénéfiques pour le développement ultérieur de l’entreprise.
Si c’était à refaire, Jean-Michel Hiolle –âgé aujourd’hui de 61 ans et s’apprêtant à céder la place au DG Denis Wautier – repasserait par le Marché libre.
Il avoue « qu’il n’était pas mûr pour présenter sous un bon angle les données comptables, techniques et financières ». Aujourd’hui, avant d’entrer sur le réglementé, il connaît les principales questions des financiers et sait ce qu’il ne faut pas dire. Hiolle Industries a un gigantesque potentiel de développement, car ses activités environnement collent bien à la réalité du moment. Ses activités d’énergie- biomasse gazeuse, éthanol, les machines 400 MWatt gaz avec Poweo – et de transport – contrats avec Bombardier, maintenance du tramway de Valenciennes pendant 15 ans, liaison fluviale d l’Escaut à la Seine – vont encore nécessiter des levées de fonds à la Bourse. Selon lui, le principal obstacle est que le Marché libre n’est pas assez connu, d’où l’hésitation des gérants de portefeuille. Les 400 entreprises cotées devraient être plus communicantes et les médias plus s’intéresser à celles qui perdurent et démontrent un véritable potentiel, à l’exemple de Hiolle Industries, qui a été nominé 6 fois dans les entreprises les plus performantes d’Europe ( une trentaine seulement peut en dire autant), avec une croissance interne variant de 10 à 47 %.